La première perturbation, un front froid actif
Le passage de la première perturbation, de type front froid, dans la nuit du 21 au 22 novembre, a produit un net refroidissement à toutes les altitudes (la température a chuté de -5° à -23° à la station de la Jungfrau, 3580m) et d’un épisode de vent à caractère d’ouragan en montagne
Rafales enregistrées: 182 km/h au Gornergrat, 150 km/h au Titlis, 148 km/h au Chasseral, 111 km/h au Moléson, 117 km/h au Grand-Saint-Bernard.
En plaine les rafales ont été importantes atteignant fréquemment les 70 à 90km/h et parfois plus de 100 km/h dans les vallées Alpines (Altdorf 115 km/h, Viège 97 km/h).
Le passage d’un courant Jet au-dessus des Alpes, lié à un extraordinaire conflit de masses d’air entre de l’air polaire et l’air d’origine tropical est la cause de ces vents violents. Ce courant Jet est littéralement venu s’écraser sur le versant Nord des Alpes suisses (voir image du Jet à 300hPa, environ 9000 mètres).
Ce premier passage perturbé a fait l’objet d’avertissements de fortes chutes de neige et de vents tempétueux.
Les cumuls importants se sont produits par barrage sur le versant nord des Alpes. Une situation similaire s'est produite au mois de novembre 2007 (voir actualité du 11 novembre 2007).
La deuxième perturbation, un front occlus
Après une pause relative entre le soir du 22 et l’après-midi du 23 novembre, une deuxième perturbation a traversé notre pays dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 novembre.
Dimanche après-midi sur la France, cette perturbation était constituée d’un front chaud, d’un secteur chaud et d’un front froid (modèle standard d’une perturbation du front polaire). Voir la figure A de la planche "occlusion et type de précipitation", ainsi que l'image satellite du dimanche 23 novembre à 12 heures UTC.
Image satellite "air mass". Les étoiles violettes représentent des chutes de neige, les ronds vert de la pluie.
agrandir.png, 1.2 MBFormation de l'occlusion
Neige, puie-neige ou pluie ?
Au final, ce scénario s’est avéré assez juste pour le Plateau Suisse, où les chutes de neige se sont produites pour l’essentiel sous forme de neige jusqu’en plaine (figure C).
Pour la région du bassin lémanique, plus proche du secteur chaud, les précipitations ont débuté sous forme de neige, puis les forts vents d’ouest ont poussé de l’air plus doux et ont fait remonter la limite pluie-neige de 400m vers 600m environ.
En Valais, chute de neige et lac d'air froid
En Valais les précipitations se sont produites essentiellement sous l’occlusion.
De plus, les vents d’ouest n’ont pas pénétré dans la vallée du Rhône. Résultat : l'air froid s'est maintenu dans la vallée du Rhône (phénomène de lac d’air froid).
Si à Aigle il n’est tombé que 4 cm de neige fraîche dans la nuit de dimanche à lundi, à Sion il est tombé 29 cm.
Le schéma « neige et lac d’air froid » illustre ce phénomène, typique des vallées alpines.








