C'est le dernier jour d'avril qu'il y a eu un sensible changement de temps au Tessin, avec une baisse des températures moyennes journalières de 4-5 degrés et l'arrivée de précipitations sur tout le versant sud des Alpes. Toutefois, les quantités sont restées modestes, ce n'est que le 2 mai que des précipitations un peu plus significatives se sont produites. Au total, cet épisode perturbé n'aura apporté jusqu'à ce jour ( 3 mai ) que 30-40 litres d'eau par mètre carré, une quantité nettement en-dessous des normes saisonnières. Pour l'heure, ces précipitations sauvent l'agriculture, et la végétation en général, du sérieux manque d'eau. En Engadine, il n'a pratiquement pas plu.
Ces faibles quantités de pluie n'ont donc pas amélioré la crise hydrique généralisée qui perdure depuis 2003. A court terme, il faudrait plusieurs jours de fortes pluies pour rétablir le bilan hydrique superficiel. En revanche, pour rétablir le bilan hydrique profond, qui concerne les sources, les nappes phréatiques et les grands réservoir souterrains, il faudrait des semaines voire des mois de précipitations. En analysant les données depuis 2003, on constate un déficit en eau supérieur à l'ensemble des précipitations annuelles du canton. En d'autres termes, cela signifie que durant les derniers 4 ans et 4 mois, on a mesuré une quantité de pluie qui normalement tombe en 3 ans ! En plus, le faible enneigement de l'hiver passé aura certainement aussi des conséquences négatives.
La végétation s'est bien développée grâce aux températures très élevées du mois d'avril, et cela, malgré le manque d'eau. Les plantes ont trouvé l'humidité nécessaire à leur développement dans les couches superficielles du sol et certaines espèces ont 2 à 4 semaines d'avance par rapport au stade normal de leur développement saisonnier.

