Mars, un mois capricieux
"Soit au début, soit à la fin, Mars nous montre son venin."
Comme le décrit si bien ce proverbe, le mois de mars est souvent caractérisé par de fréquents changements de temps et de forts contrastes thermiques en quelques jours. L'hiver n'étant pas encore terminé, des journées froides et même neigeuses peuvent facilement survenir.
A ce titre, l'exemple du mois de mars 2005 est particulièrement éloquent. Ainsi, à la station de Stabio au sud du Tessin, la température maximale ne dépassa pas -1,1° pour la journée du 3 mars 2005, alors qu'elle atteignit 27,5° le 19 mars 2005. En à peine plus de 2 semaines, nous étions passés d'un jour de glace à une une journée pleinement estivale.
Impact sur la végétation
Pour rester dans le domaine des températures, il ne faut absolument pas négliger un autre facteur essentiel : les gelées nocturnes.
En effet, si durant les après-midi du mois de mars les températures peuvent être très agréables, les nuits demeurent encore relativement longues. Ainsi, le terrain au niveau du sol peut, si les conditions s'y prêtent, se refroidir au point de provoquer des gelées destructrices pour les bourgeons et les jeunes plants.
Gelées nocturnes
1. une masse d'air relativement fraîche.
2. une absence de vent. La présence du vent provoque un brassage de l'air qui empêche l'air froid de s'accumuler au sol.
3. une présence d'air sec. Si l'humidité de l'air est élevée, celle-ci tendra à se condenser en gouttelettes de rosée. Ce processus de condensation libère de la chaleur latente, limitant ainsi la baisse des températures.
4. une absence de nuages. Lorsque le ciel est serein, c'est à dire totalement dégagé, le terrain perd de l'energie thermique en émettant un rayonnement infrarouge vers l'espace. Par ciel nuageux, les gouttelettes qui composent le nuage vont intercepter le rayonnement infrarouge, se réchauffer et finalement réémettre ce rayonnement en direction du sol, compensant ainsi la déperdition de chaleur du sol.
Typiquement, au Nord des Alpes, les nuits favorables au gelées sont celles qui font suite à une journée de bise. Lorsque la bise cesse en soirée et est suivie par un ciel dégagé, tous les facteurs cités plus haut se retrouvent réunis, concourant ainsi à une baisse rapide du thermomètre.
Les moyens de protection
Un petit jardin peut être facilement abrité grâce à des voiles de protection que l'on peut trouver dans n'importe quelle jardinerie. Par contre, lorsque la surface cultivée est importante, l'usage de voiles devient impossible. Les grandes entreprises agricoles et fructicoles font appel à des systèmes nettement plus sophistiqués comme par exemple de gros ventilateurs qui permettent de maintenir un brassage de l'air durant la nuit, ou alors des installations antigel. Ces dernières sont en fait un système d'aspersion de minuscules gouttelettes d'eau qui gèlent en recouvrant les plantes, les bourgeons et les petits rameaux d'une fine couche de glace.
En gelant, les gouttelettes d'eau libèrent de la chaleur latente, limitant ainsi la chute des températures et maintenant celles-ci très légèrement en-dessous du zéro degré. En fait, ces installations ne suppriment pas la gelée mais l'empêchent de devenir trop importante car les plantes peuvent généralement supporter des températures légèrement négatives.
Rappelons qu'à partir du 15 mars environ, MétéoSuisse offre un service d'avis de gel auquel l'on peut s'abonner.
Des infos supplémentaires sont disponibles dans la rubrique "Services".
Système d'aspersion antigel en action. Photo : Didier Ulrich, MétéoSuisse
