Dans la nuit du 22 au 23 mars 2007, des quantités de neige appréciables tombèrent en divers endroits du versant nord des Alpes, du Plateau et du Jura. Les conditions pour qu'une telle situation se produise se mirent toutefois en place en début de semaine déjà, avec l'arrivée d'un front froid très actif mettant un terme à une longue période de chaleur. Un afflux d'air froid d'origine polaire s'écoula à l'arrière de ce front en direction des Alpes, lequel devait se maintenir durant plusieurs jours. En altitude, un vaste talweg demeura stationnaire sur une grande partie de l'Europe centrale, alors que dans les couches inférieures de l'atomsphère une dépressions fermée se creusait sur le nord de l'Italie dès mardi ; dans son mouvement rotationnel inverse des aiguilles d'une montre, cette dépression entraîna de l'air Méditerranéen humide le long du versant nord des Alpes, provoquant des chutes de neige de près de 1 m dans les Alpes orientales, et jusqu'à 30 cm en certaines régions du Plateau (St-Gall par exemple). L'illustration 1 montre une vue synoptique de la situation du mardi 20 mars.
Par la suite, le talweg d'altitude évolua en ce que l'on nomme un "cut-off", c'est-à-dire une dépression fermée d'altitude coupée du courant général d'ouest, et devenant de ce fait quasi-stationnaire, ou se déplaçant du moins très lentement. Ainsi, aucun changement significatif de la situation ne se produisit jusqu'à vendredi, le temps se caractérisant par une grande instabilité et des giboulées assez fréquents.
Par la suite, le talweg d'altitude évolua en ce que l'on nomme un "cut-off", c'est-à-dire une dépression fermée d'altitude coupée du courant général d'ouest, et devenant de ce fait quasi-stationnaire, ou se déplaçant du moins très lentement. Ainsi, aucun changement significatif de la situation ne se produisit jusqu'à vendredi, le temps se caractérisant par une grande instabilité et des giboulées assez fréquents.
La situation se modifia le jeudi 22 en soirée avec l'arrivée de nouvelles chutes de neige (l'illustration 2 montre la carte synoptique du jeudi 22 à 12 UTC). Ces chutes de neige furent provoquées par le développement d'une dépression secondaire intégrée à la vaste zone dépressionnaire centrée sur les Balkans sus-mentionnée (cut-off) ; cette dépression secondaire se déplaça de la mer du nord en direction des Alpes, entraînant en altitude de l'air doux et humide sous la forme d'un front occlus, lequel allait se déployer au-dessus de l'air froid stationnaire du Plateau en provoquant de fortes chutes de neige, accentuées encore le long des Alpes par un effet de barrage. Ces chutes de neige se répartirent cependant de façon fort irrégulières, comme cela ressort bien des mesures officielles effectuées à 07h00 locale (voir illustrations 3 et 4).
ill 3 : cumuls de précipitations basés sur les radars de MétéoSuisse entre le 22.03 à 07h00 et le 23.03 à 07h00.
agrandir.gif, 63 KBLes valeurs de 20 cm environ mesurées entre la région de Fribourg et le lac de Constance et de plus de 30 cm localement dans le Jura ou les Préalpes sont significatives. Ces valeurs furent toutefois grandement dépendantes de l'altitude. En effet, pour des valeurs de précipitations équivalentes, les quantités de neige fraîches furent le double au Zürichberg (556 m) qu'à Wynau (422 m). En Suisse romande, de telles différences furent également constatées, notamment dans le canton du Jura et dans la région de Fribourg.
Dans quelle mesure de telles chutes de neige sont-elles significatives dans la seconde quinzaine de mars ? Dans l'ensemble, des chutes de neige jusqu'en plaine au nord des Alpes et à cette période de l'année sont considérées comme normales. Cependant, des valeurs de plus de 10 cm sont rares. A Zürich, cela s'est produit 4 fois depuis 1931, à Berne 2 fois. De tels événements sont également possibles en avril ; ainsi 25 cm de neige fraîche tombèrent à Zürich le 1er avril 1952, et 40 cm sur les hauts de Lausanne le 17 avril 2005.
Dans quelle mesure de telles chutes de neige sont-elles significatives dans la seconde quinzaine de mars ? Dans l'ensemble, des chutes de neige jusqu'en plaine au nord des Alpes et à cette période de l'année sont considérées comme normales. Cependant, des valeurs de plus de 10 cm sont rares. A Zürich, cela s'est produit 4 fois depuis 1931, à Berne 2 fois. De tels événements sont également possibles en avril ; ainsi 25 cm de neige fraîche tombèrent à Zürich le 1er avril 1952, et 40 cm sur les hauts de Lausanne le 17 avril 2005.







